.... tant de bonheurs musicaux....


Ce qui surprend d'abord les habitués des concerts, c'est d'être plongés dans un noir total. Puis ce rai de lumière au fond de la scène; la violoniste s'avance lentement et commence à jouer. On n'a pas vu entrer le violoncelliste, il émerge progressivement de l'ombre pour prendre le relais tandis que, rendu à l'obscurité, le violon n'émet plus qu'une note haute, tenue et ténue, en progressant le long de la paroi. Plus tard, les deux instrumentistes se déplaceront encore au gré de l'unisson et du dialogue.
Ainsi mise en scène et spatialisée, l'oeuvre de Sofia Gubaidulina perd de son aspect jugé a priori - et bien à tort - intimidant, elle reçoit un regain de présence et d'intelligibilité. La théâtralité fait ressortir le fond rituel de la composition de cette musique-prière.
Cette magistrale interprétation, due à la soudaine impulsion du violoncelliste Ivan Monighetti, désireux de tirer parti des possibilités techniques du théâtre, c'est le genre de divine surprise que le public de Kléber-Méleau peut attendre de Cédric Pescia et de ses amis.
Depuis cinq ans, le pianiste lausannois attire à Renens des musiciens complices, que séduit l'atmosphère particulière du lieu et de ces rencontres. En mai, les publics se mélangent, celui du théâtre, celui de la musique de chambre, dans une ambiance unique...
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Jacques Poget - in 24 Heures - 10 mai 2011